1013 – Ecrire un livre, ou pas ?

imageJe ne sais plus qui disait que pour avoir accompli sa vie il faut avoir planté un arbre, fait un enfant et écrit un livre (il y a aussi la Rolex, mais bon…). Je ne sais pas si c’est pour être dans l’ordre des choses, mais j’ai l’impression d’être cerné par des écrivains plus ou moins bons ! Mais qu’avez-vous tous à pondre des livres autour de moi ? C’est d’autant plus «désagréable» que je rêve depuis longtemps d’écrire mon propre livre. Mais heureusement que vous êtes la car la qualité inégale de ces livraisons m’a jusqu’ici toujours donnée à réfléchir et surement évité de vous infliger n’importe quoi.

D’abord il y a eu les «comptes d’auteur», genre coucou j’ai écrit un livre et si tu voulais bien m’envoyer un chèque je serais heureux (se) de te l’envoyer. J’ai généralement payé et j’ai quelques collectors, l’une d’entre elle est même devenue très célèbre, mais je préfère garder le souvenir de nos ébats plutôt que de ses premiers ouvrages. Si la majorité n’ont jamais eu le succès espéré, d’autres ont trouvé un éditeur sans passer par cette case glauque. Mais les éditeurs publient aussi de mauvais livres, ce n’est pas un gage de qualité littéraire ! Et puis dernièrement il y a eu l’auto édition, le principe est simple, on écrit sa petite littérature et on le balance sur un site d’auto édition, exit le chèque, le commerce électronique s’en charge. Les volumes restants confidentiels, l’auteur sait bien sûr qui a acheté ou pas. Et il ne manque pas de vous envoyer un petit sms afin que vous ne manquiez pas en retour de flatter son ego, car pour écrire un livre il faut avoir un certain ego, cela va sans dire ! Ce qui est curieux c’est que ces écrivains en herbe veulent du papier et refusent généralement le format eBook qui permettrait au moins de préserver quelques arbres !

Et justement, par respect pour la nature, une fois le livre acheté il va falloir le lire, même si l’on sait d’avance que les chances de tomber sur un chef d’œuvre sont très minimes. Peut-être une belle histoire, souvent une autobiographie convenue ou pire illisible. Quand j’étais journaliste, bien que je n’exerçais pas dans le monde littéraire, je recevais pas mal d’ouvrages de la part des services de presse des éditeurs, mais là au moins je n’avais aucun scrupules à ne pas toujours les lire ! Plus tard se posera la question de dire ou pas ce que l’on a pensé de l’ouvrage. Grand moment de solitude ? Pas forcément !

J’ai donc acheté l’ouvrage de Nadège, une lectrice de ce blog avec qui j’ai souvent eu des divergences d’esprit et avec qui je suis même un peu en froid. Donc, plus par curiosité que par obligation amicale. Dans les 24 heures j’ai bien sur reçu un sms me demandant s’il m’avait plu. La pression se fait déjà sentir !

Je m’empressais donc de terminer deux excellents ouvrages en cours, un bon polar de de Connelly et Les dieux voyagent toujours incognito de Laurent Gounelle pour passer au chef d’œuvre en devenir de Nadège ! Le premier soir j’en ai avalé rapidement la moitié sans qu’il ne se passe rien qu’un rêve de midinette que j’aurais aisément pu remplacer en regardant Les feux de l’amour pour m’endormir ! L’héroïne s’offre une histoire d’amour avec une icône cinématographique qui arrondi ses fins de mois en faisant de la pub pour un célèbre expresso. Rien que ça ! L’écriture est propre et ordonnée comme celle d’une institutrice, normal le personnage principal est justement une institutrice. Mais hélas une instit qui ressemble à toutes les instits, sinon qu’elle rêve de devenir maitresse ! Une institutrice belle et mince (36 je crois avoir lu) de nos vertes campagnes ce qui contraste avec l’auteur qui vient d’Afrique et qui se plait à décrire ses rondeurs. Pourquoi se gommer ainsi et mettre en avant une héroïne toute droite sortie d’un magazine glamour ? Dans la série des clichés, je n’ai pas trop compris ce que venait faire au milieu du livre ce chapitre sur un immigré clandestin rejeté par la méchante France qui ne veut pas de lui, un peu comme si l’auteur profitait de son livre pour faire passer un message. Mais pour faire passer un message il faut que celui-ci soit vraiment en rapport avec l’histoire, sinon autant insérer un prospectus ! Bon, OK, je commençais à m’endormir. Le lendemain je termine ce calvaire littéraire ou il ne se passe pas grand-chose, notre héroïne rentre de son fabuleux week-end sans vraiment culpabiliser vis-à-vis de son époux, un peu comme si l’avoir trompé avec une célébrité changeait tout ! Puis bien sur l’icône la recontacte par magie, elle organise les retrouvailles, refont l’amour, etc… Bref, avec un peu plus de cul ça pourrait faire un bon volume de la collection Arlequin ! Ah si, on y parle également des élections de 2007, mais même si cela reste trop politiquement correct, il faudra supprimer ce passage avant de postuler chez Arlequin !

Je suis désolé Nadège, c’est comme ça et j’avoue m’être plus amusé à écrire ces quelques ligne qu’à lire ton livre. Mais comme je ne doute pas une seconde que tous tes amis lecteurs seront plus tendres, au moins par amitié, il fallait bien que quelqu’un s’en charge ! Voilà, ça c’est dit ! Et au moins si un jour je me décide à écrire j’aurais la garantie que ta critique ne sera pas complaisante !

Voilà pourquoi j’hésite toujours à écrire. Si je me décidais un jour ce serait bien sur autobiographique, la trame se situerait à peu près sur la période de ce blog. Mais ce que je voudrais surtout c’est que cela soit profond et vrai et que ça fasse ressortir le coté noir en opposition avec mon insouciante vie d’avant. Je n’ai pas envie d’un livre ego ou d’anecdotes marantes, positives ou conquérantes. Donc pas facile et je ne pense pas en être capable seul.

Ce contenu a été publié dans Books par TGV. Mettez-le en favori avec son permalien.

Les commentaires sont fermés.