1007 – Léo !

Je n’ai jamais voulu d’animaux, mon style de vie n’a jamais été adapté à ce genre de contrainte. Mes différentes compagnes, plus tard mes enfants, ont souvent insisté pour adopter un animal, souvent un chat. Je n’ai jamais cédé. Mais quand j’étais encore à Paris nos voisins avaient deux chats, dont un pur « gouttière » qui passait plus de temps sur notre immense terrasse que sur le balcon de ses maitres. Nos voisin étaient un peu en manque d’amis et on se fréquentait, l’été c’était sympa de sortir le barbecue. Puis, comme très souvent dans ce quartier pour bobos, le couple de voisins a explosé. Alors que notre séparation était déjà effective, mon ex a même suspecté une relation adultère avec la voisine, désolé ce n’était pas elle. Quoiqu’il en soit je suis resté en bon termes avec eux et ils ont tous deux déménagé. Lui au même étage dans un plus petit appartement, elle plus bas dans un studio. Rester vivre dans le quartier et le même l’immeuble semblait plus important que rester vivre ensemble. Lui a gardé son chat, et elle le sien, celui qui errait sur notre terrasse. Avant de partir en vacances pour oublier sa rupture, la voisine est venue me demander si elle ne pouvait pas laisser son chat sur ma terrasse plutôt que dans son studio. Mes enfants l’adoraient et j’ai ouvert une brèche en acceptant un séjour d’une semaine à condition qu’elle apporte de quoi le nourrir. Sauf qu’elle a prolongé ses vacances ibériques de quelques semaines et qu’elle a rapporté un souvenir. Un nouveau mec. A son retour elle est venue s’excuser, mais plutôt que de reprendre son félin elle lui a apporté à manger en m’expliquant que son nouveau compagnon, le mec, était allergique aux chats. J’ai laissé faire, ça ne me gênait pas, j’aimais bien le chat et mes enfants étaient ravis quand ils venaient passer le week-end. L’hiver est passé et ma voisine venait régulièrement nourrir le greffier, d’ailleurs elle en profitait aussi parfois pour squatter mon lave-linge quand le sien est longtemps resté en panne. Puis l’été suivant j’ai décidé de déménager dans le sud. A cette époque la voisine avait elle aussi déménagé et ne donnait plus trop de nouvelles de peur que je lui refile son chat. J’ai demandé au voisin qui lui m’a fait savoir qu’elle ne ‘en voulait plus et envisageait le retour du chat à ses origines, la SPA, une solution radicale, mais inacceptable. J’étais coincé et j’ai décidé de le mettre dans le camion du déménageur avec les meubles en me disant qu’il serait bien à la campagne.

imageAu final le chat a fait le voyage dans ma voiture, il s’est bien tenu et s’est finalement adapté au soleil et aux cigales depuis maintenant sept ans. Chez moi je lui ai laissé une totale liberté, le jardin. Quand j’étais là je le nourrissais, quand je n’étais pas là il allait se nourrir chez les voisins. Parfois l’hiver je le faisais rentrer mais en dehors des jours de neige, ça n’a jamais été un chat d’intérieur. Avec les enfants on lui a construit une niche qu’il avait adopté les nuits de grand froid. On vivait dans une bonne entente, ce n’est pas chiant un chat ! Parfois il partait quelques jours, mais il revenait toujours et il m’attendait quand je rentrais d’un de mes déplacements. Une fois j’ai eu peur car il a disparu cinq semaines, mais quand je suis rentré un soir avec mes enfants pour les vacances, il était là à nous attendre. Un jour mon ex voisine, en villégiature dans la région, est passée me rendre visite, mais elle n’a jamais réussi à approcher son ex chat qui a montré les crocs. Vous l’aurez compris, j’ai fini par adopter ce compagnon d’infortune et on s’aimait bien. Depuis quelques temps je le sentais moins alerte, il ne découchait plus mais venait tout de même réclamer à manger quand je l’oubliais, ce qui arrivait régulièrement.

Ce midi je trouvais mon vieux chat titubant et je lui ai apporté une ration de son pâté préféré qu’il a presque délaissé. Puis il errait dans le jardin comme s’il cherchait un coin tranquille. J’ai dû partir et quand je suis revenu en fin d’après-midi je l’ai trouvé couché dans le fond du jardin, il bougeait sa patte avant, mais que sa patte avant avec parfois un petit miaulement. Je l’ai mis dans une caisse à l’abri en me disant que demain j’appellerais le véto, mais quand je suis ressorti ce soir il ne bougeait plus.

Léo est mort et je suis triste !


2 réflexions au sujet de « 1007 – Léo ! »

  1. Le temps passe, les gens partent, les choses disparaissent…
    L’hiver s’en ira, le printemps d’avant ne reviendra pas, mais ce sera toujours un autre meiveilleux…