977 – La guidance parentale

Hier soir j’étais au café psycho. Le sujet de la soirée portait sur la guidance parentale et en voici un petit résumé.

imageLa terminologie de « guidance » nous vient de l’anglais, on parle alors de lignes directrices. Etre parent s’apprend bien souvent sur le tas, c’est le cas en France, et on a lors bien souvent tendance à répéter, parfois à tort, ce qu’on a vu chez nos propres parents, voire grands parent quand ceux-ci nous ont élevés. Dans d’autres pays, en Belgique par exemple, où il existe des « écoles » de parents, il ne s’agit pas de thérapies mais plus de conférences où ces lignes directrices sont exposées et débattues.

La société évolue, les relations entre les enfants et les parents suivent le mouvement, dès lors il est souvent très hasardeux de vouloir reproduire les schémas hérités des générations précédentes.

Au 21eme siècle le mouvement initié en 68 favorise l’expression individuelle dans nos sociétés. L’enfant, l’adolescent n’échappe pas à cette tendance, alors qu’au siècle dernier on suivait généralement les directions données par le chef de famille. La construction des enfants passe par une période plus ou moins longue (adulescence) où ils forgent leur individualité. Pour bien y parvenir il leur faut des parents qui aient du répondant et qui acceptent que leurs enfants leur rentrent dedans. Le conflit est nécessaire. L’idéal du parent contemporain réside dans un équilibre, pas trop mou car dans ce cas il sera méprisé par ses enfants, mais pas trop dur non plus, sans quoi ses enfants essayeront de le casser.

Contrairement au siècle dernier les rôles parentaux ne sont plus sexués ; ils peuvent s’inverser ou alterner, ainsi le père peut devenir maternant (rôle prépondérant, celui de la sécurité) et la mère paternante (la gestion de l’absence). Il n’est pas rare qu’un seul parent joue seul et alternativement les deux rôles, c’est ce qui se passe dans les familles mono parentales ou dans celles où l’un des parents est démissionnaire. Ce n’est bien sûr pas l’idéal, mais ça peut fonctionner.

Points importants :
  • Ne jamais disqualifier celui qui joue l’autre rôle. En général, et pas seulement en présence de l’enfant ou sur des sujets se rapportant à lui. Dans l’absolu, pour la bonne construction de l’enfant il ne faudrait pas non plus disqualifier le parent démissionnaire
  • Installer une barrière intergénérationnelle. Même si aujourd’hui la société tend à rapprocher de plus en plus parents et enfants, il n’est pas question de faire copain/copain ou ami/ami. Chacun doit rester à sa place (exemple, on parle de ses problèmes de couple à un ou une amie, à son psy, mais pas à sa fille, même si elle à 18 ans et parait presque adulte).
  • Savoir gérer les signes de reconnaissance afin de permettre à l’enfant de créer sa propre confiance en soi (compliments, c’est le plus beau bien sûr…) mais sans pour autant en faire un enfant roi. Il faut également l’encourager à avoir des signes de reconnaissance envers les autres
  • En cas de bêtise ou de mauvais résultats, je jamais le disqualifier en lui disant, par exemple, qu’il est nul, mais que ce qu’il a fait est nul.
  • Enfin, l’encourager à parler avec ses parents, beaucoup d’enfants préfèrent éviter certains sujets qui leur font peur alors qu’ils sembleront par ailleurs très ouverts à la discussion. Dans le même ordre d’idée il faudra être attentif à une relation trop lisse avec l’un ou l’autre des parents, cela cache en général pas mal de non-dits.

imageEt l’amour dans tout ça ? L’amour est de surcroit, c’est un plus mais il n’est pas primordial. Qu’il s’agisse de l’amour que portent les parents pour leurs enfants, ou même de l’amour d’un partenaire pour les enfants de l’autre en cas de famille recomposée, plus que l’amour, ce qui importe est qu’ils aient du respect pour les enfants. Si l’amour reste toutefois un gros plus, le rejet, empêchera l’enfant de se construire. Le beau-parent quant à lui ne doit pas chercher à se faire aimer, ce n’est pas le plus important, mais il doit se faire respecter, faute de quoi il sera rapidement dénigré.


3 réflexions au sujet de « 977 – La guidance parentale »

  1. Une question m’a été posée par MSN, je ne sais pas y répondre, qu’y s’y colle ?
    J’ai écrit dans les points importants : Dans l’absolu, pour la bonne construction de l’enfant il ne faudrait pas non plus disqualifier le parent démissionnaire…
    La question est : pourquoi et quelles conséquences. Car parfois le démissionnaire est un tel abrutit dans façon d’être et de faire (ou de ne pas faire) avec les enfants que le disqualifier peut paraitre très évident (en dehors bien sûr de toute rancœur qui pourrait exister de la part de l’ex conjoint).

  2. 1) Cela met l'enfant en porte-à-faux: a-t-il le droit d'aimer quelqu'un dont l'autre parent lui dit du mal? S'il l'aime malgré tout, il a peur de perdre le parent disqualifiant.
    2) C'est lui imposer une opinion subjective; quand il sera en âge de se faire sa propre opinion, il risque fort d'en vouloir à celui qui a discrédité.
    3) C'est le mettre dans un sentiment de rancoeur qui est souvent très nuisible à ses relations aux autre enfants et pour les apprentissages scolaires.
    4) S'il est du même sexe que le parent disqualifiant, il construira ses relations adultes amoureuses sur le modèle de la méfiance; s'il est du sexe opposé, il aura du mal à se construire en tant qu'homme ou femme.

  3. Je rajoute un s à « autres enfants » et je précise dans le 1) de ma réponse, c'est la culpabilité qui est difficile à gérer pour l'enfant (s'il suit le parent disqualifiant, il lâche le parent disqualifié et inversement; dans les 2 cas, il se sent coupable).