Je ne sais pas si c’était de l’intuition ou si c’était lié à l’euphorie du moment, mais j’ai beaucoup trainé avant d’écrire ce post, mais aujourd’hui j’ai l’épilogue. J’avais commencé à parler des états d’âme de ma fille dans un sujet consacré à mon fils. Lui paradoxalement il va plutôt bien, alors qu’il était le sujet de préoccupation de départ. Mais revenons à ma fille… Moi je n’avais rien demandé !
Mi-octobre elle fait une mini fugue chez une amie et m’appelle au secours. Elle ne veut pas parler à sa mère et restera muette jusqu’aux vacances de Toussaint ou faute d’un dialogue avec sa mère je lui propose de lui écrire une lettre. Ce qu’elle fait, la lettre est violente et je lui propose de rencontrer un psy pour en parler avant de l’envoyer. Il atténuera un peu cette lettre et conclura que ma fille doit s’éloigner de sa maman comme elle l’a souhaité. Absence de dialogue et elle trouve que sa mère préfère son frère, la serre d’un peu trop près et ne lui laisse pas assez de liberté à son gout. Les plaintes sont récurrentes. Elle ne la supporte plus et l’enfonce généreusement. Elle supporte mal son beau-père qu’elle méprise.
A l’issue de ce rendez-vous je lui assure mon soutient et j’en parle à sa mère qui ne veut pas entendre parler d’un déménagement. Face à la pression de ma fille qui m’appelle très souvent en pleurs, je mouille vraiment la chemise et je fini par convaincre sa mère qu’un déménagement s’impose et qu’il serait dommage que nous soyons obligés de passer devant le JAF pour prendre ce genre de décisions. Sa mère fini par consulter je ne sais qui et propose un protocole d’accord que j’approuve et accepte. Ça a été vraiment très chaud.
Ma faille souhaitait que ça se fasse très rapidement et envisageait même de ne pas y retourner pour les vacances, mais j’insiste pour qu’elle y aille. A y réfléchir j’ai maintenant le sentiment d’avoir été manipulé, et sa mère avait peut-être raison, tout cela aurait dû se faire posément en se laissant un peu plus de temps. Sauf que si je n’avais pas mouillé la chemise pour la sortir de là, ma fille m’aurait reproché de ne pas pouvoir compter sur moi. Je n’avais donc pas le choix.
La décision est finalement prise et la date du 2 décembre fixée. Elle constate alors avec ironie et amusement que sa maman lui donne enfin sa liberté et accède à toutes ses demandes (shoping, sorties, etc…). Ce déménagement est précipité, elle l’a accéléré alors que la sagesse aurait voulu qu’elle termine le trimestre. Elle motive alors l’urgence par le fait que tout le monde la sachant sur le départ, ses relations amicales ne sont plus les mêmes. Moi je traduis ça par : elle n’est plus la reine du collège. La veille de son déménagement ses amis lui font pourtant une ovation de départ. Il y a un classeur complet de lettres et mot d’adieux.
Une nouvelle vie s’installe chez moi, elle apprécie et ça se passe bien. Durant les quinze jours qu’elle a passé au collège ici je n’ai jamais eu à exercer mon autorité. J’assure son intégration chez moi non plus en mode « vacances » mais « scolaire » en lui faisant sa place et en achetant ce qui lui manque, voire plus. Son intégration au collège à l’air de bien se passer, la seule remarque qu’elle me fait c’est que les gens sont différents tout comme l’ambiance. Le collège semble plus sévère que celui qu’elle a quitté. Elle constate également de gosses différence des codes (habillement, mode, discussion, elle m’a aussi fait des remarques sur un faible niveau intellectuel).
Les vacances de Noël sont là avec l’arrivée de son frère chez moi qu’elle est contente de retrouver. Il y aura toutefois de nombreuses disputes. Son frère peut lui manquer mais je n’ai pas l’impression que cela soit sa priorité. Décalage d’âge. Par contre elle manque à son frère. Pour Noël chez moi elle est gâtée, notamment par mon frère qui lui offre un après-midi shoping. Les vacances se passent bien et se terminent par un réveillon de Noël en famille.
Ensuite vient la semaine des vacances chez maman et je les conduits en Bretagne. A l’arrivée sa mère lui propose immédiatement d’aller faire les boutiques, ce qu’elle ne faisait jamais, et d’ailleurs ce que lui reprochait ma fille. De loin je constate qu’une plus grande liberté lui est accordée. Les grands parents sont là pour quelques jours et elle est gâtée à nouveau. Elle m’appelle plusieurs fois et tout se passe bien, je note juste quelques remarques à propos du beau-père.
Enfin tout se passe bien Jusqu’au jeudi 29 ou elle m’appelle en fin de journée alors que je sors du train pour me dire qu’en fait elle n’aime pas le collège ou elle est maintenant et qu’elle souhaite retourner vivre chez sa maman. Là je suis sur le cul ! Pour le coup elle me dit que sa mère et son frère lui manquent. Pour moi quelque chose cloche. J’appelle sa mère pour lui demander quelques explications, elle me dit bien sûr qu’elle souhaite le bonheur de sa fille, que de toutes façons elle n’a jamais cru un mot de la lettre que ma fille lui avait adressé, lettre qu’elle n’aurait lue qu’une fois, et que si notre fille veut revenir elle reviendra.
Mes réflexions et recherches sur ses possibles motivations :
- Influence des amis / come-back d’un amoureux ? Elle m’assure que non.
- Manque (confirmé) de ses amis (comment ne pouvais-t-elle pas être consciente que ça n’allait pas lui manquer ? J’avais insisté lourdement sur ce point avant son déménagement).
- Influence des séries (Gossip Girl). Il ne faut pas négliger ce sujet. J’ai pris le temps de regarder cette série très addictive et je pense qu’il peut y avoir une forte possibilité d’identification.
- Elle se rend compte qu’elle n’est plus la reine du collège, elle n’aime pas son nouveau collège (difficile de se faire une idée sur un nouveau collège en deux semaines, difficile aussi de reconquérir ses positions…).
- Manque de sa maman et de son frère ? Je doute, en tous cas aucune manifestations du manque de sa maman avant le jeudi du revirement de situation. Au départ elle ne voulait même pas aller en vacances chez sa mère. Son frère peut lui manquer, elle l’a exprimé.
- Elle pense peut être que maintenant tout sera possible chez maman ?
- Elle me dit qu’elle a pris toute seule sa décision de venir vivre ici tout comme celle de repartir. Veux-t-elle se prouver quelque chose ?
- Manip Maman/Grands parents ? Je n’ose pas y croire.
Je lui impose toutefois de revenir comme prévu après les vacances afin de reprendre le collège. A son retour je lui fais part fermement de ma désapprobation, tant à elle qu’à sa maman, au motif que nous avons accédé à sa demande et que je vois ce revirement comme un caprice. Pour moi, si on laisse faire on se retrouve face à un comportement de petite reine (enfant roi) qui fait ce qu’elle veut et surtout qui aura manipulé ses parents qui restent sans réaction. Sa mère ne me soutient bien sûr pas, je marque le coup en lui expliquant que ce revirement est inacceptable car d’une part elle a fait mal à sa maman, et d’autre part elle m’a obligée à aller très loin dans mes démarches pour accéder à ses désirs et qu’il lui faut maintenant assumer ses actes en poursuivant son année scolaire ici. Mais je lui explique aussi que je ne la séquestrerais pas, et que vu que sa mère ne me suit pas et fait tout pour la récupérer elle aura le dernier mot et retournera certainement en Bretagne très rapidement.
Depuis elle s’enferme dans un mutisme et je suis bien conscient que je suis devenu le méchant et sa mère la sauveuse. J’ai bien expliqué à sa mère qu’avec son comportement elle risque de perdre toute forme d’autorité. Mes paroles ne sont pas entendues, car pour sa mère, le retour de sa fille efface l’incident et la déculpabilise totalement. Comme toujours sa mère fait en sorte que beaucoup de conversations se font en présence de notre fille ce qui limite la discussion.
Le lendemain du retour de ma fille, le lundi 2, alors même que l’Education Nationale est encore en vacances, sa mère réussit à dénicher le directeur du collège afin d’arranger son et le lui annonce triomphante par texto.
Comme d’habitude je me garde bien d’avoir des certitudes et j’ai besoin de parler de tout cela. Mes proches sont abasourdis, mais peut-être pas plus objectifs que moi. Aussi je décide de conduire ma fille chez le psy qui l’avait entendue en novembre et avait conclu qu’elle devait s’éloigner de sa mère. En substance il trouve que tout cela est normal, il pense qu’il faut à ses demandes tout en lui faisant comprendre que ses décisions peuvent provoquer des dommages collatéraux. Quant aux explications elles pourraient être de plusieurs ordres :
- Ma fille aurait eu besoin de se prouver quelque chose ? A elle ? Aux autres ?
- Elle voulait peut être vérifier que son père serait là pour elle en cas de besoin.
- Il y avait bien conflit avec sa mère et quoi qu’en dise sa mère le contenu de la lettre est bien réel et aura peut être servi d’électro choc.
- Elle avait peut être ensuite besoin de rentrer en conflit avec son père, pour voir ?
- De toutes façons le père ne sert à rien, enfin à pas grand-chose, à ça !
- Elle a le droit de se tromper et pourra encore se tromper. Il faut donc laisser la porte ouverte au cas où elle voulait revenir un jour.
Bien sur l’ambiance n’est pas au beau fixe. Elle est retournée au collège normalement, fait ses devoirs, elle est même très sage. Parfois elle se laisse déborder en évoquant sorties, ciné ou shoping, ce que j’élude. Ce soir je lui ai même dit que je n’avais aucune envie de m’amuser avec elle, mais cet après-midi chez le psy je lui aussi dit que bien sûr que je serais là à l’avenir.
Mais je me connais. Les rares personnes qui m’ont trahi dans ma vie, il y en a que trois et l’environnement de base était plutôt professionnel, je les ai blacklistées a vie et je n’ai jamais répondu aux appels du pied qu’elles ont pu faire après. Je sais qu’il me faudra faire une exception, je sais aussi que ça sera difficile, que rien ne sera jamais comme avant, que la grande complicité que nous avions est brisée.
Demain je rencontre la principale du collège pour lui faire part du souhait de ma fille et de la décision de sa mère d’accéder à sa demande. Je sens qu’elle va me passer un savon, surtout si je lui dit que ma fille déteste son collège, mais j’assume. Ensuite il sera temps de réserver un billet de retour pour ma fille, très probablement pour ce week-end. J’étais aller la chercher, je ne l’accompagnerais pas au retour, pour la première fois je vais même la faire voyager en seconde, après tout il faut qu’elle découvre la vie !
Mon état d’esprit
- Avant, je suis le papa qui s’occupe de ses enfants pendant toutes les vacances avec la frustration de ne pas les élever et de ne pas avoir de leviers sur leur éducation. Je regrette que leur maman se focalise sur le parcours scolaire mais néglige totalement le périscolaire (arts, musique, sport). Pour moi les deux vont de pair. Je constate que ma fille passe trop de temps à regarder des séries ou sur Facebook, et je sais très bien que pour éviter cela il ne suffit pas de couper le câble Internet, il faut être force de proposition.
- Lors de l’incident j’entends l’appel au secours de ma fille, j’ai mal pour elle quand elle pleure et je m’investis pour répondre à son souhait tout en essayant de vérifier s’il ne s’agit pas d’un caprice. Je me suis peut-être un peu laissé entrainer dans la précipitation.
- Après avoir assuré son déménagement et son intégration au nouveau collège je suis certainement un peu euphorique. Je suis content, ma fille vis maintenant avec moi, j’en rêve depuis des années. Cela se passe très bien et je me dis que je vais enfin pouvoir assurer son éducation. Je suis très content.
- Maintenant je viens certainement de prendre la plus grosse baffe de ma vie. D’une part parce qu’en accédant à son souhait de venir vivre chez moi je me suis mouillé et qu’il y a des dommages collatéraux (sa mère qui a perdu 10 kg, elle peut la remercier
, et d’autre part parce que je me sens trahi et qu’un rêve s’écroule. Bien sur ma fille me fait la gueule et il y a maintenant un « avant » et un « après ».
Mais mon état d’esprit importe peu, à moi de panser mes blessures. Je sais très bien que nos enfants ne nous doivent rien, mais que c’est nous parents qui leur devon tout (tout au moins sur le plan affectif, matériel et intellectuel) afin qu’ils se construisent au mieux. Je pense toutefois que c’est à nous parents de pointer du doigt les erreurs qu’ils peuvent commettre et ne pas faire l’autruche pour acheter leur amour (ce que fait à mon avis la maman de ma fille) même quand cela est désagréable. De la même façon qu’on ne donne pas la vie à un enfant mais qu’on la lui impose, on doit à mon sens lui imposer une éducation et des règles de vie, plutôt que de répondre à des désirs souvent irrationnels à cet âge. Autre débat.
« Ma faille souhaitait que ça se fasse très rapidement » joli lapsus qui résume bien ton texte.
Ta fille est à l’âge où les relations mère-fille sont souvent très conflictuelles; quand il y a un papa au loin, vivre avec lui peut devenir un bon moyen de vérifier tout ce que le psy t’a expliqué mais je pense, contrairement à lui, que ne pas accepter sa demande de retour chez sa maman (en tout cas jusqu’à la fin de l’année scolaire) serait lui apprendre à assumer ses choix, surtout s’ils remettent en cause la vie de ses parents et de son frère.
Je suis bien d’accord. Sauf que je n’ai pas les moyens de le faire, sa maman à la garde et son arrivée ici n’a été scellée que par une convention privée que nous n’avons pas fait homologuer chez le JAF. Mais au-delà du juridique, ça serait entrer dans une guerre totale tant avec la fille que la mère. De plus il y a des chances que les résultats scolaires en pâtissent, ce qui me retomberait inévitablement dessus.
Je me retrouve dans une situation que je n’ai pas provoquée, après tout j’étais bien tranquille dans mon coin, et pour laquelle je n’ai aucun leviers !
Je pense que cette période peut etre considérée comme une fugue plus longue et plus sûre vis a vis du conflit avec sa maman. Tu as tout à fait joué un bon rôle de papa qui assume s’il lui arrive quelque chose, tu seras là! Mais la vie change, c’est évident pour nous les adultes qui ont vécu, mais pas facile pour pour une gamine gâtée de 13ans et demi à imaginer. Ce n’est donc pas nécessaire de penser qu’elle t’a trahi. Parce que ce n’est pas vrai.
) pour « sauver » ta fille, parce qu’elle t’avait montré qu’elle n’en pouvait plus. Mais en effet, elle s’est rendu compte que ce n’était pas aussi grave. Une fois, ça peut se faire, et tant mieux que c’était son père qui l’a soutenue. Mais ça ne se reproduit pas plusieurs fois, avant de se révolter, il faudra apprendre à supporter les inconvegnants qui ne sont surtout pas prévus ou pas prévu aussi grave qu’en réalité ( dans le cas à avignion: changement d’ambiance, différences des gens, une autre position dans la classe, papa n’est pas maman ni frère, etc)
Pourtant, en le laissant partir, une discussion plus posée et sérieuse doit etre faite entre toi et ta fille, meme avec sa maman.
1. Tu as mouillé ta chemise (comme tu dis
2. Mais pour le retour, elle aura aussi des mauvaises surprises: les copains copines ont cru qu’elle parte définitivement, elle a meme eu les mots d’adieu. L’amitié dure longtemps, mais reste fragile, surtout elle est construite à base d’une confiance. Cela ne se joue pas plusieurs fois non plus.
3. Si tu peux affirmer que ton amour paternel ne changera pas quoi qu’elle fasse, mais ça te rassurera si apres cette expérience elle commence à savoir vivre heureux tout en supportant certaines deceptions de la vie.
4. Quand les parents se séparent, forecément c’est parce qu’ils ne s’admirent plus comme avant ou comme des parents amoureux mutuellement… Donc sur le plan éducatif, l’un contre l’autre est le cas le plus souvent. Il faudrait aussi que toi, ta fille et sa maman comprennent que l’un peut etre partielemeny mauvais ou méchant dans les yeux de l’autre, parce qu’ils ne s’aiment plus, mais ils l’aiment tous les deux, ce sera à elle de voir plus clairement et plus sérieusement ce qui lui convient le mieux comme mode de vie et d’education.
5. Si tu penses toujours qu’elle ira mieux en vivant avec toi, la meme situation risque de se reproduire…
Bon retour pour ta fille bien aimée.
Cet après-midi je suis allé voir la Principale du collège avec qui j’avais pris rendez-vous. Un rendez-vous inutile car mon ex avait pris les devants. Bien sûr ça m’a énervé qu’elle se permettre d’appeler comme si elle pensais que je ne ferais pas les démarches. En fait de démarches je me suis rendu compte que la convention parentale que mon ex m’avait proposée et que j’avais signée n’avait absolument aucune valeur. La seule chose qu’elle me permettait était d’inscrire ma fille. Je n’avais pas l’intention de m’en servir mais c’est à savoir.
Une chose que mon ex a je pense toujours mal supporté mal est la complicité que j’ai (avais) avec ma fille. Pour le coup j’ai mis à mal cette complicité en étant le seul à expliquer à notre fille qu’elle aurait dû assumer ses actes qui ne sont pas neutres en dommages collatéraux. Moi je pense que ça valait le coup de mettre cette complicité dans la balance pour qu’elle prenne conscience de ce qu’elle avait fait et qu’on est pas au cinéma ou dans une série. On en a parlé, pour la première fois ce soir on a eu une discussion et elle m’a avouée qu’une de ses amie avait abondée dans mon sens. Je crois avoir réussi à lui faire prendre conscience sans trop la faire culpabiliser. On devrait finir par se retrouver. Je ne peux pas fermer les portes, quelque chose me dit qu’il y aura d’autres clashs avec sa mère…
Ce soir mon ex a appelé pour me dire que ma fille préfèrerais revenir samedi. C’est ce que j’avais prévu avec elle mais je n’ai pas supporté qu’elle s’abrite derrière elle alors qu’un de ses buts est de retrouver sa crédibilité de mère de famille, surtout auprès de sa propre famille. Elle a fait un énorme lapsus en me demandant : veux-tu que je vienne la « reprendre ? ». J’ai éclaté de rire tellement c’était gros !
Demain elle rend les livres au collège, comme à l’hôtel de suis prié de passer au check out payer la note de cantine. Et samedi elle reprends le train, je ne l’accompagnerais pas, elle a déjà fait e voyage seule et je n’ai aucune envie de me retrouver comme un con seul tout seul en gare de Rennes samedi soir. Je lui ai expliqué, tout comme j’ai dû lui expliquer pas mal d’autres ressentis, mais un tiroir en ouvre généralement un autre…
Ce qui est plus gros est pour ta fille. Ce fut un mouvement dans sa vie, et comme j’avais écrit avant, elle aura d’autres surprises ultérieurement.
L’important est de l’accompagner psylogiquement pour surmonter tous ces obstacles qui paraissent peu pour les adultes mais beaucoup pour une ado.
Ce qui m’inquiète est la vie qu’elle souhaite trouver ou retrouver près de sa maman, si elle est prête que cela ne sera plus la meme comme avant?
Je ne suis pas inquiet, il y aura d’autres clash avec sa mère, elle s’en sortira ou partira à nouveau. Les ados sont égoïstes et ont parfaitement compris qu’il faut l’être pour s’en sortir et être heureux. Une de ses amie a elle lui a hier soir fait remarquer son égoïsme et comment elle a plus ou moins consciemment manipulé tout le monde pour venir ici et ensuite en partir pour retrouver ses amis. C’est important car ça corrobore ce que je veux lui faire comprendre et lui reproche… et que sa mère à complètement éludé !
C’est important, car si nous n’avions pas pu solder cette discussion on risquait de rester fâchés pour un moment, et ensuite ça n’aurait pas été simple à distance !
Je voulais dire aussi:
Étant papa, tu as fait le maximum. Si elle retourne vers sa maman, ce n’est pas parcequ’elle la préfère à toi. C’est toute une histoire d’habitude, d’ensemble de vie. Tu n’as rien à te reprocher, au contraire, tu as été courageux de faire toutes ces démarches. Personne ne peut te reprocher ton envie de retrouver ta fille apres tant d’années. Tu es un père attentif et actif.
Par fois des expériences font mal sur le coup, mais ultérieurement, cela devient précieux pour la suite. J’espère que ta fille grandira plus avec tout ce qui s’est passé…
Si tu as bien lu tu auras compris qu’elle ne me reproche rien et je me sens coupable de rien. Ses amis et son environnement lui manquent. Leur monde n’est pas le nôtre, ma fille est à la fois très mature et très gamine, elle n’a après tout que 13 ans et demie !
Le vendredi comme prévu elle a rendu les livres et dit adieu à ses anciens nouveaux camarades. On est toujours peinés de voir partir de bons éléments m’a dit la directrice qui a eu l’occasion de l’observer lors de l’inspection de son professeur de français le jours ou elle a intégré le collège. Le problème avec ce genre de remarques c’est que ma fille qui est déjà très sure d’elle accroche encore un trophée !
Jeudi j’ai surprit un échange musclé de ma fille avec sa meilleure amie qui lui dit :
Ma fille commence par l’envoyer balader en lui disant qu’elle est tout à fait confiante dans ce qu’elle fait, puis le lendemain après nos discutions elle s’excuse et lui répond :
Pas sûr qu’elle ait bien intégré ce que lui a dit le psy. Pas sûr que le psy ai vu juste non plus. Pas sûr non plus que j’ai bien fait de montrer mes faiblesses à ma fille, mais on ne peut pas tout contrôler. Il fallait à mes yeux qu’elle comprenne les conséquences de ses actes mais aussi qu’elle prenne conscience que son égoïsme pouvait tout autant être un atout qu’une faille. Vendredi elle ne voulait presque plus faire ses valises, il le fallait pourtant. On a beaucoup discuté, puis on est allés diner en ville et j’ai même eut droit au récit de son premier amour qu’elle a ensuite rejeté et qui la ronge. Sans qu’elle pose des mots elle a donc avoué que sa mère n’était pas la seule cause de son départ. Ca a aussi été l’occasion de lui dire que ma porte restait ouverte, que je serais toujours la si elle avait besoin de parler ou de revenir.
J’ai passé une semaine horrible et je suis encore très énervé. Sa mère a eu droit à un scud en bonne et due forme ou je lui exprime mon mécontentement car pour essayer de se blanchir elle ne m’a pas soutenu, j’ai dû prendre seul le risque de briser la complicité que j’ai avec ma fille. Je lui dit également que j’ai longtemps fermé ma gueule afin d’arrondir les angles et que maintenant tant les problèmes avec notre fils que notre fille font que je me rends compte que ce n’est pas nécessairement la solution, qu’elle a revendiqué et obtenu la garde de nos enfants, mais ce n’est pas parce qu’elle assure leur quotidien que je n’ai pas droit au chapitre sur leur éducation. Que je ne veux plus que nous parlions des enfants en leur présence comme elle se plait à le faire, que les débats que nous devons avoir à leur propos sont à avoir entre elle et moi et que nous devons en leur présence uniquement les écouter ou leur exposer nos décisions. Ça c’est dit.
Le samedi, jour du départ a été très triste. Triste pour ma fille car elle était confronté à la réalité. Elle a ralenti son lever, le déjeuner, le départ. J’ai compris que ce départ était très difficile pour elle aussi. Pour moi aussi c’était très dur, mouchoirs de rigueur de part et d’autre. A la gare aussi la séparation était très difficile, là elle s’est aperçue qu’elle avait oublié son disque dur avec ses films et ses séries. Catastrophe. Je lui ai dit que c’était maintenant à elle de prendre soin de ses affaires. J’ai joué un peu faux cul sur ce coup là, peut-être s’en doute t’elle, mais tant pis car j’avais bien vu qu’elle oubliait son disque dur, mais je ne lui ai pas fait remarquer en me disant que 6 heures de train sans distraction lui permettrait peut-être de réfléchir un peu, ce que je lui ai fait remarquer à la gare.
Pendant son voyage j’ai reçu quelques love SMS. A son arrivée elle m’a dit qu’elle m’appellerais, ce qu’elle a fait depuis les toilettes du Mc Do ou ils ont diné. Je lui ai demandé si elle ‘appelais en cachette, elle m’a dit que non, j’ai eu peur, j’espère pas !
Cette expérience a été terrible pour moi. Aucune femme ne m’a jamais mis dans un tel état ! Au fil des années, huit ans déjà, je m’étais forgé une carapace bercée par la routine des vacances. Ne pas les appeler trop souvent pour ne pas tomber dans des habitudes rituelles, mais aussi pour ne pas me faire trop mal. J’attendais les vacances, je jouais mon rôle de papa vacances et ça se passait plutôt bien, je parvenais plus ou moins à gérer ma frustration. Ce n’était pas toujours facile, quand je les raccompagnais particulièrement, heureusement j’ai longtemps eu mon pote à Rennes qui jouait l’amortisseur au retour. Pas facile non plus quand je voyais d’autres enfants ou quand j’étais avec les filles d’une amie. Je me rend bien compte que mes blessures sont toujours bien présentes et qu’il va me falloir continuer à faire avec, même si elles m’empêchent de vivre ma vie !
Comme tu dit: il y aura un avant et un apres… Pourtant, le rythme redevient comme avant, et tu as gagné deux semaines de plus avec ta fille, si on considère qu’elle est toujours principalement à Renne.
Ce qui fait mal est ce sentiment préparé d’avance que tu l’aurais pour toujours…
Je comprends parfaitement ton chagrin, huit ans, plus le temps dure, plus on est fragile à ce sujet.
Le fait de lui avoir montré ta fragilité (sans faire exprès bien sur) la fait comprendre plus réellement combien elle te manque, cela peut aussi lui faire ressentir une culpabilité.
Je suis étonnée de ce qu’a écrit ta fille à son amie. Elle est comme tu dis très mature en quelque sorte.
Ta fille grandi avec ce qui s’est passé, peut etre toi aussi. Tu comprendras peut etre mieux quand un père ou une mere (sorciere ou pas) a des problèmes avec leurs enfants, il ou elle n’a pas beaucoup d’énergie à s’occuper encore plus des autres…
Quand j’ai lu tonde riment vis-à-vis des autres enfants alors que les tiens ne sont pas avec toi, je me dis, en effet je ne suis pas la seule à supporter ce mal toute une vie.
Par fois, mes amies mamans pensaient que ça me ferait du bien si elles m’amènent leurs enfants chez moi ou ailleurs pour passer quelque temps ensemble afin de me consoler un peu le fait que je suis loin de ma fille. Mais cela se fini par me faire encore plus mal apres, car cela me culpabilise le fait que je m’occupe ( en jouant avec, ou leur faire un repas, ou tout simplement leur parler de leurs études ou de leurs vie) des autres enfants, alors que je ne peux pas m’occuper de la mienne de aussi près.
Quelque fois je me demande, je cherche aussi minutieusement les défauts dans les manières d’éduquer ma fille que son père lui a faites, ne serait-ce pas un reflet de mon regret du fait que je ne peux pas …
Je n’ai pas encore assez d’expérience ni de recul en tant que maman mais je ne crois pas que tes sentiments envers ta fille changent tout simplement parce-qu’elle sera toujours ta fille, quoiqu’elle ait fait ou quoiqu’elle fasse… Tu traverses une période un peu difficile en ce moment mais la savoir heureuse dans un climat familial apaisé en bretagne est quand même une bonne chose pour elle ainsi que pour son frère et je sais que tu te réjouis de ça malgré tout…
Bisous
Bien sur Flo, c’est ma fille, elle sait que je serais toujours là, amour inconditionnel oblige, mais je me devais de lui mettre les points sur les « i »…
Certains ont raison, je n’aurais pas dû m’emballer en aidant ma fille à venir ici. Mais si je ne le faisait pas elle aurait certainement pensé qu’elle ne pouvait pas compter sur moi. Bref, le serpent qui se mord la queue. Je n’ai rien demandé et je ne pouvais pas contrôler grand-chose et c’est frustrant.
Ma fille a repris ses cours, tous ses amis sont très contents de son retour et ça se passe visiblement bien avec sa mère. Tout cela aura je pense au moins eut l’effet positif de rétablir les liens avec sa maman, elle s’étaient distanciées.
Quant à moi je vais faire comme si tout cela n’avait pas eu lieu et reprendre mon rôle de père à distance, un père à distance ne sert pas a grand-chose, mais doit être là au cas où on le sonne. D’ailleurs je me suis occupé aujourd’hui des réservations pour les prochaines vacances que j’ai soumises à mon ex…
Tiens un peu musique avec un morceau du dernier Benabar.
Je n’avais pas reçu ce sujet, d’où mon retard. Je comprends que tu aies vécu l’enfer en cette fin d’année et je n’ai aucune idée de la réaction que j’aurais pu avoir dans une telle situation. Je ne crois pas à une quelconque forme de manipulation de ta fille. Rien n’a été conscient. Elle en a eu ras le bol de sa vie chez sa maman, elle a fantasmé une nouvelle vie chez toi. Comme elle ne doit pas mettre dix ans à prendre des décisions, elle a accéléré le mouvement. Elle s’est trompée. J’en connais d’autres, pourtant bien plus âgés, qui font à peu près le même genre de conneries en pire et ne se soucient pas davantage des dommages collatéraux. Je trouve franchement très pédagogique qu’elle ait pu tester cet aspect de sa personnalité sur ses parents, qui lui offrent ainsi la possibilité d’un feed-back, d’abord négatif, puis positif, qui lui ont permis de prendre la mesure des choses. Plutôt que de le subir comme une grande baffe, je crois qu’il faut le vivre comme une grande chance à venir pour ta fille et en tirer deux leçons :
1) les chats ne font pas des chiens et en matière de décision rapide, tu as fait aussi très fort sur ce coup-là aussi…
2) ta fille n’oubliera jamais cette magnifique leçon qui lui servira toute sa vie et évitera peut-être d’autres dommages collatéraux bien plus graves. Quand, à 13 ans, on a un égo qui pourrait tendre à être un peu surdimensionné, c’est une chance extraordinaire pour limiter les conneries à venir.
Bravo à toi de lui avoir permis de revenir en arrière. Car ça ne lui arrivera pas tous les quatre matins. C’est à mon avis tout ce que tu dois te dire.
Qu’elle ait manipulé n’a en soit rien d’anormal pour une ado, qu’on l’ai peut être manipulée me plairait beaucoup moins. Depuis son retour je n’ai pas de nouvelles là ou avant elle m’appelait tous les jours, je me dis qu’elle n’est pas vraiment à l’aise vis-à-vis de moi. Si elle ne donne pas de nouvelles d’ici les prochaine vacances, je lui dirait qu’elle n’est pas non plus obligée de venir. Je finirais bien par savoir ce qui s’est passé pour qu’après avoir passé deux jours avec son grand père (qu’elle craint) elle ait subitement eu envie de retourner chez sa mère. Pour le reste c’est à moi de faire avec, même s’il y a plus drôle comme expérience !
Salut,
Je suis tombé par hasard sur ce blog, et je me suis permis de lire ce post. Je voudrais commencer par te féliciter énormément pour ta manière de prendre des distances, et appréhender la situation le plus justement possible, malgré tous les éléments émotionnels qui l’entouraient. Ensuite je crois que tu as réagi exactement comme il fallait que tu le fasses. Si je peux me permettre je pense que la mère de ta fille aurait dû te suivre. je ne crois pas qu’il eut fallu l’empêcher d’être là où elle voulait, mais que sa mère aurait dû être d’accord avec toi sur le fait qu’elle devait finir l’année, et apprendre à assumer ses actes et leurs conséquences. Un ado a besoin de barrières et de limites, et cela doit être donné par les parents, indépendamment de toute conception émotionnelle. Peut être sa mère était-elle contente de regagner la faveur de sa fille après la lettre et la fugue, toujours est-il que la réaction idéale et juste de sa part aurait dû être de dire à sa fille « tu n’as plus 10 ans, tu as voulu aller chez ton père, tu termines l’année, on verra ensuite ce qu’on fera ». Ca lui aurait permis de réfléchir, et peut être aussi de s’adapter et finalement vouloir rester chez toi (un ado est très changeant). Ne t’inquiètes pas du fait qu’elle ne t’appelles plus, ou beaucoup moins. Ce n’est ni la situation que tu décris, ni le fait qu’elle ait retrouvé une vie qui lui plaise, mais simplement le fait qu’elle soit adolescente, et un adolescent (on l’a tous été) est cruel, et très égoïste. Ca change en vieillissant. Elle observe cette distance tout simplement parce que la vie l’accapare, ses amis, ses premiers amours etc. Rien d’anormal, et elle est sans doute comme cela aussi avec sa mère.
En tout cas un grand bravo, tu gères tout cela à ta manière, avec justesse et le mieux possible, et la situation n’est vraiment pas simple. La seule chose que peut être tu aurais pu faire pour pouvoir vraiment « cadrer » ta fille et lui montrer quelles sont les limites et conséquences aux actes, aurait été d’entériner l’accord écrit avec sa mère devant le JAF. Mais le passé est le passé, c’est un épisode, et simplement une période de votre vie à tous les deux. Lorsqu’on grandit on sait prendre le recul sur son passé et savoir qui a été là, comment, et qui avait raison. Tu n’es pas entré en guerre (ou le moins possible) et tu as agi le plus justement que tu pouvais, le reste ne dépend pas de toi. Je ne suis pas du tout d’accord avec le psy en revanche, ils sont souvent trop coulants, et ont tendance à donner une écoute trop attentive aux enfants et ados là où ils auraient simplement besoin d’être recadrés ou punis. Bon courage à toi, tu as de nombreuses années à vivre, et les rapports vont bientôt être plus proches entre toi et tes deux enfants; ils grandiront et les conflits disparaîtront.
Mickaël