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Thursday, July 10

815 - Le bruit des gens autour
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TGV
on Thu 10 Jul 2008 00:35 CEST
Je n’avais pas entendu parler de ce film qui est plutôt sympa et puis se passe à Avignon pendant le festival. Une façon de voir le festival de l’intérieur au travers de la vie off des comédiens, entendez par vie off leur vie privée. Apparemment les nuits a Avignon sont chaudes, je dois être un peu à coté de la plaque car je n’ai rien vu de tel. Après la projection on a eu droit à une rencontre avec quelques uns des comédiens, ben oui, c’est le festival ! Ceci étant j’ai trouvé ce film un peu mou, mais ils se sont déplacé, c’est sympa, j’ai tout de même applaudit !
Synopsis : Un couple de comédiens qui vient tout juste de rompre et qui joue deux amoureux éperdus, une jeune chanteuse suicidaire, un auteur déprimé, une danseuse tyrannique, un technicien bourru et une spectatrice extravagante... Tous les mondes et tous les sentiments réunis pendant le Festival d'Avignon, une tragi-comédie sur les caprices de l'amour, de la création et de la météorologie. « Le Bruit des gens autour n’est évidemment pas un film documentaire sur Avignon, même si j’ai souhaité que tout ce qui a trait au festival soit juste. Mais ce sont avant tout les sentiments, les émotions qui m’importent : l’amour et le désamour, le deuil, la solitude, le désir d’abandon, de lâcher prise, et puis la vie autour pour emballer tout ça, les rires et les larmes, les cris et les silences, la nudité et les costumes, ceux qu’on enfile pour se cacher, et faire croire que nous sommes quelqu’un d’autre. Je ne montre pas des artistes qui montent une pièce de Feydeau ou du French-cancan. Je montre des gens qui ont choisi d’exprimer ce qu’ils vivent par le biais de leur art. Ce qui rend peut-être le fond du film un peu noir, oui, même si j’ai la prétention de croire qu’il peut être drôle. D’autre part, je n’envisageais de clore l’histoire, de résoudre les problèmes. En tant que spectateur de cinéma, je n’aime pas qu’on me donne toutes les clés, toutes les réponses. J’ai presque envie de dire que ça ne me regarde pas… » Diastème, le réalisateur. Ce n’est pas toujours le cas, mais Diastème dit excellemment tout ce qui fait la chair de son film. Un cadre, un contexte parfaitement dessinés, dans lesquels les personnages peuvent se construire, s’épanouir dans toute leur richesse, toute leurs complexité, toutes leurs passions, tous leurs doutes. Agir local pour penser global comme dirait l’autre : partir d’un petit monde – celui du Festival d’Avignon, restitué avec une justesse gourmande dans ses moindres détails : le in et le off, le bruit et la fureur, le désir et la douleur, l’enthousiasme et la trouille, les grands frissons et les petites corvées – pour aborder des sentiments partagés ou partageables par le monde entier. Nous allons donc suivre une petite dizaine de plus ou moins intermittents du spectacle vivant, tous en phase active de création et pour la plupart en déphasage affectif intense… Un couple de comédiens en pleine période de rupture qui jouent sur scène – les habitués reconnaîtront celle du Chêne Noir – deux amoureux en pétard ; l’auteur de la pièce en question, dévasté par la mort de sa femme qui ne date pourtant pas d’hier débarquant au festival sans en avoir vraiment envie ; deux filles en robe rose qui jouent et chantent de vieilles chansons françaises, l’une est enceinte et pense à l’avenir, l’autre ne se remet pas d’un amour brisé et pense au suicide ; une danseuse – du in ! – perfectionniste et donc tyrannique avec son régisseur qui ne s’en laisse pas compter ; un technicien-homme à tout faire du off qui va révéler, en plus de son sens du système D, une sensibilité irrésistible ; et, fil rouge entre tous ceux là qui sont sur scène ou juste à côté, une spectatrice un peu farfelue, qui va mettre les pieds dans le plat et son nez dans les coulisses et les recoins… Ça va, ça vient, ça rebondit, ça bifurque, ça rigole, ça s’engueule, ça se réconcilie, tout est grave mais rien n’est sérieux, et surtout tout ça nourrit le spectacle, ce qui, au moins pour la durée d’un festival, est le plus important… Source : Utopia
Wednesday, July 9

814 - Festival Nucléaire
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TGV
on Wed 09 Jul 2008 14:46 CEST
C’est parti pour le festival d’Avignon. Cette année l’autorisation d’affichage du off a été un peu tardive, ce qui n’a pas empêché la prolifération d’affiches qui a priori n’avaient rien à voir avec le festival. Je dis bien a priori.
Le nucléaire est un mal nécessaire. C’est un mal, mais imaginons une minute que la France n’ait pas de ressources nucléaires avec la flambée des prix du pétrole que l’on constate actuellement ? Bien sûr il aurait fallu se pencher depuis longtemps sur des solutions énergétiques alternatives, aujourd’hui plus personne ne le conteste, même si les loobys pétroliers sont encore suffisamment forts pour en ralentir le développement. Il n’en reste pas moins que nous sommes dépendant du nucléaire et que dans ce contexte la moindre des choses dont puissent s’assurer les autorités, c’est tout de même d’assurer une maintenance hyper rigoureuse de la chaîne permettant de produire cette énergie, car justement ce n’est pas une énergie comme les autres. Danger ! Festival Nucléaire d'Avignon Dans la Cour d'Horreur, Chronique d'une Mort Annoncée Tragédie en deux actes : - Cancer et Leucémie (Recrudescence des cancers autour des centrales nucléaires)
- Le Rhône assassiné (La pollution du Rhône est définitive)
L'auteur : le collectif antinucléaire 84. Beaucoup de ces affiches sont encore visibles en ville aujourd'hui. Prémonitoires ? A mettre en tout cas en regard de l'actualité d'hier : juste pour l'ouverture du festival d'Avignon, une fuite d'uranium sur le site de la centrale nucléaire du Tricastin à Bollène, au nord d'Avignon. Environ 30 mètres cube d’effluents contenant 12 grammes d’uranium par litre se sont déversés sur le sol, puis dans des rivières, la Gaffière et l’Auzon. Les activités nautiques, la pêche, et bien sûr la consommation de l’eau sont interdites jusqu’à nouvel ordre par décision de la préfecture du Vaucluse. Les premiers détails sur France Info. Mais faisons confiance à EDF, le déversement s'arrêtera juste en amont d'Avignon comme le nuage de Tchernobyl s'était arrêté à la frontière française en 1986. Vive le festival !
Sunday, July 6

813 - Recollection
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TGV
on Sun 06 Jul 2008 23:28 CEST
Je ne sais pas vous, mais moi il y a plein de musiques qui ont marqué de leur empreinte des saisons ou des années. J’en parle rarement, mais j’en écoute énormément. Ainsi ces temps-ci, la bande-son c’est en général Jean-Louis Aubert avec Idéal Standard qui bien que sorti il y a quelques années n’a vraiment pris place dans mes oreilles que cette année. Aubert c’est toute une époque, celle de Téléphone bien sur, mais cet album est vraiment particulier et plein de poésie. C’est mon numéro un du moment. Et puis il y a quelques moi Francis Cabrel à pondu ses roses et ses orties, et la je doit avouer que moi qui n’est jamais été amateur de Cabrel qu’en pointillés, j’ai été bluffé. Je trouve cet album très abouti, c’est mon numéro 2 du moment.
À côté de ces deux la il y a bien d’autres, pas que de la chanson française et pas mal de musique classique, je ne vais pas faire la liste aujourd’hui, je ne pars jamais sans ma musique. Et puis il y a celui qu’on attendait un peu au tournant car il a bercé pas mal de nos étés. Je voulais parler de Laurent Voulzy qui nous refait cet été sa Rock Collection, version 2008. L’album a pris un peu de retard. Je viens de tomber dessus, c’est toujours un vrai délice et l’ensemble de l’album semble bon.
« C’est une idée que j’ai eu il y a sept ou huit ans, dit il, mais que j’ai réellement commencé à travailler l’été dernier. Avec un concept simple : je voulais me faire une compilation d’été. J’adore la période d’été. On l’attend toute l’année, ça monte crescendo. Et après l’été, il y a cette mélancolie qui le prolonge, les amours de vacances qui se terminent, les volets qui se ferment. J’aime bien à la fin d’un repas avec des copains sortir ma guitare et chanter des chansons. Jamais les miennes, bien sur. C’est l’idée de ce disque. Ce n’est pas un disque hommage, de tels monuments n’en ont pas besoin. C’est juste pour le plaisir de les jouer. » Laurent Voulzy – Source : RTL.
Tuesday, June 24

810 - Villa Amalia
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TGV
on Tue 24 Jun 2008 14:03 CEST
Je ne connaissait pas cet auteur, Pascal Quignard n’est pas un débutant, loin de la ! Encore un de ces livres que j’ai acheté au hasard, pour une couverture, pour un mot. Très rapidement, juste en lisant quelques lignes j’ai su que je le lirais d’un seul trait et que mes autres lectures seraient mises en stand by. Ce fut le cas. Encore une histoire d’une vie, avec ses joies, ses bonheurs, mais aussi de la tristesse et du malheur. J’ai aimé, ça doit correspondre à l’état d’esprit de mon présent.
Après six ans d'attente, Villa Amalia marque le grand retour de Pascal Quignard au roman! Au départ, une question: que reste-t-il de l'amour après un baiser volé surpris en pleine nuit? Sur-le-champ, Ann décide de quitter Thomas l'infidèle et d'entamer, à quarante-sept ans, une nouvelle vie. De Paris à Naples, débarrassée des oripeaux du passé, elle se retrouve seule, entourée... ou aimée. Tableaux de couples, personnages à la dérive, instants d'abandon: Quignard signe un roman magistral. Source : Lire, Mars 2006 Ce roman nous livre le portrait d'une femme de quarante ans musicienne décidant de se détacher totalement de la vie sociale, professionnelle et sentimentale qu'elle mène alors et de partir ; Partir pour vivre pleinement, se libérer des contraintes de la première moitié de sa vie et mener enfin une vie qu'elle se sera choisie. Cette femme en quête d'elle-même revient sur ses souvenirs, ses combats intérieurs pour mieux s'en défaire et s'ouvrir à une vie nouvelle, épurée, dans la Villa Amalia où elle se reconstruira, se retrouvera. Pascal Quignard, nous donne à voir les panoramas, nous fait sentir les parfums, entendre la musique transportée par le vent, toucher les roches, plonger dans l'océan, goûter les fruits de cette île italienne volcanique et de cette femme éprise ; en en appelant à tous nos sens, nous en arrivons à nous fondre en leur coeur. Un superbe roman d'ombres et de lumière où la musique tient une grande place. La vie n'est peut-être qu'une question d'écoute et d'accords, d'accords à trouver avec soi-même, tout d'abord. Extrait : "Elle était amoureuse – c’est-à-dire obsédée. De ce jour elle ne songea même plus à ce que Georges appelait la hutte le long de l’Yonne à Teilly. Ni à la maison de Paris qu’elle avait mise en vente. Ni à la demeure de sa mère en Bretagne. Elle aimait de façon passionnée, obsédée, la maison de zia Amalia, la terrasse, la baie, la mer. Elle avait envie de disparaître dans ce qu’elle aimait. Il y a dans tout amour quelque chose qui fascine. Quelque chose de beaucoup plus ancien que ce qui peut être désigné par les mots que nous avons appris longtemps après que nous sommes nés. Mais ce n’était plus un homme qu’elle aimait ainsi. C’était une paroi de montagne où elle cherchait à s’accrocher. C’était un recoin d’herbes, de lumière, de lave, de feu interne, où elle désirait vivre. Quelque chose, aussi interne qu’immédiat, l’accueillait à chaque fois qu’elle arrivait sur le surplomb de lave. C’était comme un être indéfinissable, euphorisant, dont on ne sait par quel biais on se voit reconnue par lui, rassurée, comprise, entendue, appréciée, soutenue, aimée. Elle trouva en contrebas une grotte et deux criques où nager sans être vue de quiconque. C’était une côte difficile. Les criques y étaient minuscules. Sans cesse les roches volcaniques les surplombaient et en rendaient l’accès malaisé. On escalade, on regarde s’il n’y a personne sur le sable noirâtre en contrebas. Parfois un anneau en fer pour accrocher un bateau. Parfois quelques marches d’escalier en ciment permettent de descendre dans la mer Tyrrhénienne sans qu’il soit besoin de sauter. Ses cheveux redeviennent longs. Ses épaules demeurent étroites malgré les natations de l’aube et du soir. Elle nage désormais chaque jour dans ces criques. Elle dépose ses vêtements dans la petite étable. (…) Tous les amants ont peur. Elle avait terriblement peur de ne pas convenir à la maison. Elle eut peur de ne pas savoir s’y prendre en lançant les travaux. Peur d’en altérer la force. Peur de rompre la force. Peur aussi d’être déçue. Peur de ne pas être aussi heureuse qu’elle pensait qu’elle allait l’être quand elle avait découvert la villa pour la première fois. Le printemps balaya la peur. Ce furent les grands jasmins sauvages. Ce furent les buissons de roses. Ce furent les anémones sans nombre, aux couleurs si profondes, aux beautés de soie. Ce furent les pavots. Elle avait aimé nager dans la mer froide qui lui rappelait la Bretagne. Elle aima s’épuiser dans une mer devenue plus chaude et plus ombrageuse avec le printemps. La fatigue lui procurait une espèce d’euphorie, d’extase physique difficile à décrire. La mer verte ou bleue glissait sur ses épaules, glissait sur sa nuque, glissait entre ses jambes, l’enveloppait de courant et de puissance. Elle ne nageait que le crawl et ne songeait à rebrousser chemin que quand la fatigue la prenait. Elle se mettait alors sur le dos, rêvait, puis rentrait lentement, en restant sur le dos, ou en se tournant légèrement pour ne pas être surprise par une roche, à l’indienne.(…) (...) Non, pour la musique, je ne dirai pas que j’ai éprouvé, jadis, quand j’étais enfant, un coup de foudre. Ca n’a pas été non plus une vocation. C’a a été plus terrible et j’étais encore beaucoup trop petite pour que ce soit une vocation. C’est très proche d’une sensation de vertige panique. Mon père était musicien – et pourtant cela ne concernait pas mon père. C’était comme dans l’angoisse. On a soudain l’impression d’être engloutie par un tourbillon d’émotions dont on ne surgira pas. On ne remontera pas. On coule. Il n’y a plus de bord. On ne retrouvera plus l’équilibre. Cela arrive quand on est très amoureuse. Pour moi c’est la définition. Sentez-vous ce vertige ? C’est le signe. L’abîme est là et il s’ouvre vraiment et il aspire vraiment. J’ai connu cette sensation totale, qui fait tomber corps et âme, une seule fois. J’étais vraiment petite. Je ne sais plus au juste quel âge je pouvais avoir. Je ne savais pas encore lire. Nous, les deux enfants, nous n’avions pas le droit de monter à l’étage de mon grand-père. Quand je parle de mon grand-père , je parle du père de ma mère. Je n’ai pas connu l’autre. Je fonce dans l’escalier, je fonce sur le parquet noir du couloir, je ne sais plus quel est le motif, je ne sais plus quel peut bien être le défi, j’ouvre la porte. Ils étaient tous les quatre en train de jouer. Cela faisait un bruit si intense. Plus fort que l’océan. Je n’avais jamais rien entendu d’aussi fort. Chacun avait son lampadaire auprès de lui. Chacun avait son pupitre en bois devant lui. Mon grand-père avait le visage couché sur son violon. Il était le plus vieux des quatre et il tenait ses yeux fermés. Mon père – qui avait tous les dons – était capable de jouer de n’importe quel instrument . Il devait tenir la partie d’alto. Personne ne m’avait entendue entrer. Ils jouaient quelque chose d’incroyablement rapide. Ils jouaient une œuvre bouleversante. Je pense maintenant que c’était du Schubert. Une jeune femme très belle, au violon, les yeux grands ouverts, face à moi, ne me voyait pas. Elle me souriait mais ne me voyait pas. C’était une tristesse trop grande, vertigineuse, qui ne cessait pas, qui même s’accroissait. Tristesse trop grande même s’il n’y a jamais de tristesse trop grande pour les petits. Les petits connaissent les terreurs qui sont les premières, les terreurs princeps, celles qui sont sans référence dans l’expérience, qui plus jamais ne se retrouvent sur leur chemin. Les pires. Les tristesses abyssales. » Quand Ann Hidden était perdue dans son chant, elle se tenait curieusement assise. Son corps était presque rejeté en arrière. Elle avait l’air magnifique d’une femme qui ne pense jamais à l’impression qu’elle peut produire. Il semblait alors qu’il était possible que soudain elle disparaisse, tombe, s’envole, se jette du haut des roches dans le port, plonge dans la mer. (...) C’était une femme entièrement à sa faim, à son chant, à sa marche, à sa passion, à sa nage, à son destin. (...) Il y a un plaisir non pas d’être seule mais d’être capable de l’être" Ann tente de repartir à zéro en tirant un trait sur son passé, mais elle n'y parviendra qu'avec la complicité d'un autre fragment du passé (incarné par Georges) et finira par se retrouver confrontée à un passé encore plus ancien (incarné cette fois par son père). Faut-il y voir un constat d'échec, une manifestation de l'« éternel retour », ou encore l'affirmation qu'une renaissance n'est possible que si l'on parvient à regrouper les pièces éparses du passé ? Pascal Quignard — Ce n'est pas un échec. Ce n'est pas un retour. C'est une métamorphose. Une enveloppe où on étouffe, une chrysalide dont le corps se dégage lentement, de loin, cela paraît être la même chose. Mais ce n'est pas du tout le cas. Ann Hidden est une femme qui se désatellise. Elle quitte tous les cercles, conjugal, familial, professionnel, national, où elle se trouvait enfermée. Elle se tourne tout d'abord vers la beauté, vers l'Italie, vers une petite île volcanique perdue dans la mer. Elle quitte l'esclavage. Bien sûr le passé la rejoint mais il trouve en face de lui une femme complètement transformée, qui n'est plus affectée par ce qu'elle a vécu de la même manière, ni avec la même douleur." (...)Ce livre est une fuite, une fugue, une succession de départs, de renouveaux, de printemps. J'espère que non seulement la composition mais le style lui aussi s'en ressent. Qu'il a quelque chose lui aussi, sinon d'impétueux, d'impatient. D'aussi impatient que le corps au printemps ou que la nature au printemps. Quand on a envie de sortir de ses couvertures, de rejoindre de plus en plus tôt l'aube qui elle-même se lève de plus en plus tôt, de remettre en route le jardin, de remanier sa vie. Mais vous avez raison aussi pour la mer. La mer est présente aussi tout le long du roman. Non pas comme une mer qui se retire. Comme une mer qui s'avance. J'avais pensé à appeler ce roman Au bord de la mer. Entretien et extrait de Villa Amalia de Pascal Quignard. Copyright Gallimard.
Monday, June 23

809 - Fête de la musique
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TGV
on Mon 23 Jun 2008 00:06 CEST
Samedi soir, c’était la fête de la musique. Comme je n’avais rien de prévu ce week-end, j’avais accepté la proposition de mon frère d’aller dîner avec des amis à eux. Bien qu’ils soient passés me prendre, j’avais préféré prendre mon véhicule pour assurer ma liberté. Aussi après un dîner sans ambiance j’ai préféré me rentrer chez moi plutôt que de suivre les deux couples qui envisageaient d'aller boire un verre en ville.
Arrivé en face de la maison, je constate qu’il y a de la lumière et je me dis que je suis bien bête de ne pas avoir pensé à éteindre. Sur la terrasse, je m’aperçois que la baie vitrée que je viens juste de faire poser est légèrement entrebâillée, et à ce moment-là la lumière à l’intérieur s’éteint et mon radar interne me dit qu’il se passe quelque chose de pas net, que quelqu’un est à l’intérieur et que visiblement il y a eu effraction. Non sans une certaine méfiance je retourne à mon véhicule, je démarre et j’appelle la Gendarmerie en leur expliquant la situation, il ne s’agit pas de commettre un acte d’héroïsme, on ne sait jamais qui peut être là. Quelques minutes après deux gendarmes arrivent car ils n’étaient pas loin, ils explorent la maison en me demandant de rester dehors et très vite constatent que l’intrus s’est enfui par la fenêtre de ma chambre. En fait il venait juste d’arriver et n’avait fait qu’explorer ma penderie sans rien dérober. D’aucuns diront que je suis inconscient de ne pas tout fermer quand je sort, moi j’aime pas fermer ou me baricader, je dois penser que c’est une entrave à ma liberté. De même que j’aime bien quand je me lève être accueilli par le soleil, donc la nuit ne pas fermer les volets autres que les chambres. En attendant cette histoire m’a bien fait flipper, et du coup j’ai tout fermé en attendant de trouver une solution qui passera certainement par la mise en place d’un système d’alarme pourvu des fonctions domotique genre simulation de présence. De toute façon c’était prévu, mais ce milieu ressemble à une véritable jungle. Et il faudra que je fasse rapidement quelque chose, car si rien n’a été volé et comme me le faisait remarquer le gendarme, ils ont au moins eu le temps de faire l’inventaire et vous avez beaucoup d’électronique !
Se faire cambrioler est un acte qui peut traumatiser, je n’en suis pas là, mais d’une part ça m’a fait peur et d’autre part c’est une sorte de viol de l’intimité qui me déplait fortement. Mais il paraît que c’est devenu banal (1 cambriolage toutes les 90 sec. en France) et que tôt ou tard ça arrive, qu’il faut se protéger et s’y préparer. Pour info, ici les signes parfois utilisés par les cambrioleurs organisés, les miens ne devaient pas trop l’être car allumer la lumière n’est pas très malin. Et bien je pourrais dire que le cru 2008 de la fête de la musique n’aura pas été très musical !
Thursday, June 19

808 - Riposte graduée
by
TGV
on Thu 19 Jun 2008 23:43 CEST
Non, on ne peut pas dire que rien n'a changé depuis la loi DADVSI. Certes, le gouvernement est toujours aux ordres des lobbys culturels. Certes, ces derniers ressortent toujours les mêmes caricatures sur les internautes qui ne voudraient que la gratuité et la liberté. Certes, les députés qui s'opposent sont les mêmes qu'il y a trois ans. Mais il y a une chose qui a changé depuis 2005 : l'accueil que la presse réserve au nouveau projet de loi antipiratage. Et ça n'est pas bon signe pour Christine Albanel.
Il y a trois ans, lorsque Renaud Donnedieu de Vabres avait présenté son projet de loi DADVSI pour protéger les droits d'auteurs contre les méchants pirates, la presse s'était rangée presque unanimement du côté du gouvernement. Il n'y avait guère à l'époque que le Nouvel Obs pour lancer un appel à la licence globale. Dans les rédactions, la méconnaissance du sujet et le sentiment qu'il s'agissait avant tout d'un débat d'experts avait convaincu les journalistes de prêter peu d'attention à la loi DADVSI. Il aura fallu qu'une alliance inattendue de députés socialistes et UMP votent en surprise un amendement favorable à la licence globale pour que les journaux se saisissent du projet de loi, et commencent à réfléchir à l'intérêt intrinsèque de chasser les pirates. En 2008, au moment où le gouvernement reconnaît l'échec de la loi DADVSI et présente le projet de loi Hadopi ("cette fois, ça va marcher !"), la presse est plus affutée... et beaucoup plus circonspecte. "Toute l’énergie et les sommes dépensées ainsi que le temps perdu pour mettre au point un système de répression lourd, et peu efficace, ramènera les ayants droit à la réalité de leur marché : la priorité, depuis 2000, était de trouver une solution économique à la crise prévisible d’un secteur, et ensuite de trouver éventuellement des solutions répressives", sanctionne Estelle Dumout sur Zdnet. Mais il n'y a pas que la presse spécialisée qui s'étonne de l'opportunité et de la proportionnalité du projet de loi. Libération et Le Figaro reviennent avec malice sur la communication de Christine Albanel, qui a affirmé que le projet de loi avait été validé en tout point par le Conseil d'Etat, alors qu'il a en fait été critiqué et amendé. "En rajoutant de nouvelles contraintes à un texte déjà très lourd, le conseil d’Etat fait donc un cadeau empoisonné à Christine Albanel. Même si elle s’était (très vite) félicitée de cet avis favorable de la haute juridiction, elle aura bien du mal à défendre sur la longueur un texte qui ressemble de plus en plus à une usine à gaz inapplicable et coûteuse", jugent Astrid Girardeau et Erwan Cario pour le journal de gauche. "Internet ne réussit décidément pas au gouvernement [...] Cette semaine, c'est Christine Albanel, ministre de la Culture, qui est victime d'un effet d'annonce prématuré", attaque Samuel Laurent dans celui de droite. Même France Info, la neutralité même, s'en mêle. "Si le consensus paraît impossible en la matière, la loi Hadopi aligne déjà une liste impressionnante d’opposants", rappelle le site de la radio. "Déjà, le Parlement européen, la Cnil, l’Arcep (le gendarme des télécoms) et le Conseil d’Etat ont émis des avis critiques sur plusieurs points de la loi. Selon le principe de la riposte graduée, une "sanction" pourrait finir par tomber…" Dans Le Monde, la journaliste Nicole Vulser qui se contente d'ordinaire de paraphraser la propagande des lobbys de la culture, y va elle aussi de sa petite conclusion assassine (par rapport à la prose habituelle de Mme Vulser) : "Ce projet suscitera sans doute des réactions politiques épidermiques au sein même de la majorité. C'est peu dire que Christine Albanel aura besoin de toute sa diplomatie pour défendre ce projet devant le Parlement." Libération, qui a consacré plusieurs articles au sujet, enfonce encore le clou avec Erwan Cario : "L’industrie musicale a déjà fait preuve d’une passivité rare en refusant de s’adapter aux évolutions technologiques. Le premier logiciel de peer to peer (échange gratuit de fichiers), Napster, date de 1999. A l’échelle d’Internet, une décennie, c’est une éternité. Et les majors du disque s’arc-boutent sur la défense d’un modèle voué à l’extinction. S’il leur faut encore dix ans pour réagir, les évolutions se feront sans elles. En espérant juste qu’elles n’entraînent pas trop de monde dans leur chute." Finalement, mis à part L'Humanité qui n'a pas dû recevoir la dépêche de ce matin, il n'y a guère que le Nouvel Obs pour publier un article minimaliste sur la loi Hadopi, qui évite de prendre la moindre position. Mais que s'est-il donc passé au Nouvel Obs depuis son appel vibrant contre la loi DADVSI ? Rien... à part peut-être, à bien y réfléchir... l'arrivée de Denis Olivennes à la direction du journal. Et le petit Nicolas s’emmêle… Le Président de la République Nicolas Sarkozy s'est exprimé mercredi à la sortie du Conseil des ministres où Christine Albanel présentait son projet de loi "Création et Internet", qui doit installer la riposte graduée comme dispositif de lutte contre le piratage sur Internet. Avec trois phrases, et trois erreurs. "Il n'y a aucune raison qu'Internet soit une zone de non-droit", a d'abord déclaré Nicolas Sarkozy. "La France a inventé le copyright", a assuré le Président, qui prévient que si rien n'est fait, "un jour ou l'autre il n'y aura plus de création". Or, tout d'abord, Internet n'est déjà pas une zone de non droit actuellement. Les lois pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN), la loi sur le droit d'auteur et les droits voisins dans la société de l'information (DADVSI), et les dispositions pénales du code de la propriété intellectuelle forment un socle solide pour réprimer les violations de droit d'auteur sur Internet. Si ces lois ne sont pas ou peu appliquées, c'est parce qu'elles sont jugées par les ayants droit eux-mêmes et par les juges trop sévères et trop éloignées des réalités sociales. Et non parce qu'Internet serait une zone de non droit. Deuxièmement, non, la France n'a pas inventé le copyright. On comprend qu'après la lourde défaite de la France à l'Euro 2008, le Président cherche à remettre un peu de chauvinisme dans sa communication. Mais tout comme la France n'a pas inventé les Droits de l'Homme qui ont été inventés par les Britanniques avec le Bill of Rights, c'est le Statute of Anne de 1709 qui forme le premier texte au monde de protection du copyright. De plus, il y a des différences fondamentales entre le "copyright" et le "droit d'auteur". Le premier s'attache à protéger les producteurs et la valeur monétaire des oeuvres, quand le second s'attache à protéger les auteurs et la valeur morale des oeuvres. Confondre les deux et utiliser le terme anglophone pour un Président de la République Française garant de l'exception culturelle française n'est pas seulement une incompétence, c'est une faute de goût. Elle est en tout cas révélatrice de la tentation de Nicolas Sarkozy de faire dévier la protection du droit d'auteur vers une protection du copyright à l'américaine. Enfin, non, la création ne disparaîtra pas avec la disparition (que peu de monde souhaite d'ailleurs) du droit d'auteur. La création n'est pas née en 1709, et le succès de Wikipedia, des logiciels libres, de la musique libre ou même du cinéma libre, montre qu'il y a une création possible au delà du droit d'auteur. Le droit d'auteur facilite la professionnalisation de la création, mais il n'est pas sa condition sine qua non. Penser le contraire est placer peu de foi dans l'imaginaire et la créativité de l'Humanité. (Source Numerama.com). Lire aussi ici.
Wednesday, June 18

807 - Sagan
by
TGV
on Wed 18 Jun 2008 01:35 CEST
Besoin, envie de mettre le nez dehors ce soir. Et seul un soir de semaine en province, il n’y a que le choix entre cinéma et cinéma, sachant que si c’est pour aller m’envoyer un Jack Daniels je peux aussi bien le faire à la maison. Un petit coup d’Allo Ciné et me voila sur le départ pour aller voir le film sur Sagan. J'aurais peut être du choisir quelque chose de plus drôle.
Bon, Sagan je ne connais pas, je n’ai jamais rien lu d’elle. Juste entendu parler parfois par les médias, et puis j’aime bien son look, tout comme j’aime bien Sylvie Testud qui interprète à merveille ce rôle. Il y a plein de gens qui jouent bien, d’ailleurs, tout le monde fait très bien son travail d’acteur dans ce film. Par contre du peu que je connaisse l’histoire de Françoise Sagan je me dis que ce film force un peu les cotés négatifs du personnage qui au cours d’une vie des plus tumultueuses a tout de même trouvé le temps d’écrire 30 romans. Et d’ailleurs négatifs en fonction de quoi ? Le politiquement correct ambiant ? Sagan était une jouisseuse, j’aurais peut-être bien préféré que ça soit cet aspect qui soit mis en valeur, plutôt qu’un film qui au fond nous raconte que la drogue et les excès c’est mal, on le sait ça de toutes façons !!! C’est étrange, ce retour en grâce de Françoise Sagan, trois ans après sa mort, cette délicate onde de choc provoquée par l’invisible séisme de sa disparition. D’où vient qu’on la regrette soudain, et si fort ? Est-ce parce qu’elle incarne, en 2008, tout ce dont elle a abusé et qui est désormais prohibé : le tabac dans les lieux publics, l’alcool au volant, la vitesse sur les routes, l’usage des stupéfiants ? Est-ce parce que la sexualité libre, multiple et insoucieuse, qui l’amusait tant, fait peur aujourd’hui ? Est-ce parce qu’elle obéissait à la seule loi du risque alors qu’on observe maintenant, de l’étable au congélateur, le principe de précaution ? Est-ce parce que les fêtes galantes où elle s’est perdue, les jeux de hasard où elle a misé à la fois sa fortune et ses faillites, les luxueux bolides qu’elle a lancés contre les platanes, les pur-sang qui ont porté ses couleurs sur les pistes enherbées, les robes des grands couturiers qu’elle chiffonnait et trouait avec ses cendres font rêver notre époque condamnée à la rigueur, à la dèche, à l’endettement et à l’augmentation rationnelle du capital santé ? Serait-ce qu’on aspire à un peu de soleil dans l’eau froide ? (suite ici)
Synopsis : "Sur ce sentiment inconnu, dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse." Françoise a tout juste 18 ans quand elle écrit les premières lignes de Bonjour Tristesse, un roman dont le succès fulgurant suffira à lancer le mythe de " La Sagan ". Un mythe fait de formules brillantes, d'amours affranchies et de scandales tapageurs, derrière lesquels se cache une femme, que l'on qualifie d'anticonformiste pour ne pas la dire libre. Libre d'écrire, d'aimer, et de se détruire...
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